BIOMÉTRIE MON AMOUR

Donc, on est assis à une table dans un Macdonald’s parisien en attendant de prendre le train qui nous ramènera dans notre cambrousse. C’est incroyable, la diversité des clients du Macdo. Surtout près d’une gare. En face de moi, il y a une toute petite dame aux cheveux gris assise seule avec un minuscule café. Depuis environ vingt minutes, elle ouvre très consciencieusement son courrier et lit toutes les pubs intégralement, puis replie chaque feuillet et les replace tous dans leur enveloppe. Elle est allée aux toilettes il y a un instant en recouvrant discrètement son sac avec son manteau et ses lettres avec le papier du plateau. Stratégie dissuasive infaillible, pour sûr. Je surveille un peu, au cas où.

En attendant qu’elle revienne, je vous raconte notre passage au Centre des Visas canadien, où l’on devait se faire tirer le portrait et les empreintes. Des tout petits bureaux surchauffés où une foule de gens attendaient déjà. Mais nous, on avait pris rendez-vous. Tu parles Charles, chez nous c’est pas la porte à côté. On était pile à l’heure. Kévin avait tout prévu : passeports, papiers… Ah oui, mais sur le téléphone le papier en question. Mais non monsieur, il nous les faut imprimés. Ah. Bah oui normal, maintenant que tu le dis.

Nous voilà donc, plus du tout pile à l’heure, en train de courir dans les rues de Paris à la recherche d’un cyber-café ou d’un tabac ou de n’importe quel endroit qui pourrait nous imprimer nos sésames. On entre finalement dans un hôtel hyper chic, complètement en vrac, et on supplie le mec de la réception de nous aider, sinon on pourra pas aller au Canada vous comprenez. Le jeune, solidaire, nous imprime ça en deux minutes. Je le regarde et je repense à Orelsan dans Comment c’est loin. 

 Et nous revoilà en train de courir dans l’autre sens, arriver en trombe, trempés de sueur, devant la dame derrière sa vitre canadienne, qui nous dit de nous asseoir.

 Ouf. On est passés chacun notre tour dans un bureau encore plus petit et encore plus surchauffé. Maintenant il n’y a plus qu’à attendre la lettre. LA Lettre officielle qui nous permettra de passer la douane**. 

 Sur le chemin du retour, on croise des curiosités adorables. Un serpent pixellisé se moque de nous.  Une devanture de parking donne une précision peu utile mais franchement drôle à ses usagers.

A deux rues de là, un restaurant sert de la Poutine, juste de la Poutine, rien que de la Poutine*.

« Venez vous paqueter la fraise à la Poutinerie ! »

Leur menu est à se tordre de rire (« encore un peu de gras ? »). Tentant, mais il faut qu’on file et qu’on trouve à se sustenter plus près de la gare.

Nous voilà donc chez le diable Ronald, à déguster un grand café viennois. Je fais un sourire à la petite dame, qui me le rend sans hésitation entre deux brochures.

Bye-bye Paris,

 

Raphaëlle

 Pour en savoir plus sur le PVT, lisez notre article ou bien rendez-vous sur PVTistes !

 

*spécialité québécoise 

** edit quelques heures plus tard : le délai moyen est de huit semaines.. On l’a eu quatre heures après ma poule ! 

 

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